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Jours 204-205: Ceux-ci, ceux-là, par-ci, par-là…

Yogyakarta, Java, Indonésie.

Jour 204: vendredi 24 mai 2019

On avait dit « Petit-déj’ pas trop tard pour bien profiter de la journée » : c’est bien le cas ! Betty, notre logeuse, débarque comme convenu à 7h30 avec une assistante pour nous préparer des pan-cakes choco-banane ; slurp !

Suite aux réflexions d’hier soir, nous avons encore quelques questions d’organisation à poser à l’agence ViaVia ; c’est parti ! L’employée de l’agence est vraiment super sympa et nous donne de bons conseils, tout ça gracieusement (au propre comme au figuré).

1er défi de la journée : acheter des billets de train pour demain, direction Probolinggo. C’est simple, il suffit de passer dans la supérette de la rue d’à côté où ils vendent des billets (quand on pense qu’en Suisse, même à la gare, le distributeur ne peut pas délivrer de billet pour le lendemain…). MAIS à la supérette, un petit problème de réseau fait qu’il nous faut passer chez le vendeur de cigarettes un peu plus loin dans la rue. Celui-ci nous réserve les places dans le train, et nous donne un code que l’on doit redonner à la supérette, qui va nous permettre d’obtenir un code (un autre) qu’on devra entrer dans l’automate de la gare le jour J pour pouvoir imprimer nos billets : cool… Coule comme la transpiration qui fait déjà son apparition au bout de cette heure et demie d’allers-retours entre les différents protagonistes voyagistes !

2ème défi : la visite du palais du Sultan. Selon Betty, il faut y aller avant 13h car nous sommes vendredi et c’est Ramadan. MAIS en route, nous sommes apostrophés « Hello, where are you from Sir ? » par un quidam. Ma réponse « from France » pour ne pas faire « trop riches » est suivie par une réplique « Ah, France, Toulouse je connais, … et vous ? Vous allez où comme ça ? » avec un accent typique Javanais. Ce sur quoi la conversation s’engage et le gars nous dit qu’il ne faut pas aller au palais maintenant car il est réservé avant 13h pour le Ramadan ; Qui croire ??? Selon lui, il vaut mieux aller à quelques rues de là voir du street art. « C’est par là… » . Nous décidons de suivre son conseil…

En allant vers la ruelle conseillée, un autre gars nous aborde : « Very hot today ! Where do you go ? ». A notre réponse, le gars nous conseille l’école d’art qui est dans la même rue ; il va d’ailleurs nous y accompagner car il travaille dans l’hôtel à coté. Et demain il est libre, si jamais nous avons besoin d’un guide… 😉

La visite de l’école d’art est gratuite et spontanée sous la houlette de l’un des professeurs qui va même nous expliquer en détail la technique du Batik. Impression de tissu couleur par couleur, en apposant de la cire liquide là où l’on ne veut pas de couleur ; bain dans la couleur désirée ; ensuite, un bain d’eau chaude permet de faire fondre la cire et de la récupérer pour l’apposer de nouveau à un autre endroit ; nouveau bain dans une autre couleur ; et ainsi de suite. Le support est donc du tissu qui se trouve imprimé des 2 cotés, initialement pour des vêtements traditionnels, et maintenant pour des tableaux, le tissu étant tendu sur des cadres.

Les œuvres exposées sont celles des étudiants, et comme c’est le dernier jour, on peut avoir un tarif spécial ; après une sélection « short list », le choix final est fait et un Batik passe dans notre sac à dos moyennant les quelques roupies convenues, même pas de marchandage !

Nous reprenons notre route, ou plutôt ruelle, et tombons de nouveau sur le même gars ; la présentation est faite : il s’appelle Agung, comme le volcan. Comme il n’est pas encore 13h, il nous conseille une démo/dégustation d’un café spécial, juste à quelques pas de là ; il va d’ailleurs nous y accompagner ! Pas trop chargé de boulot Agung… 😉

3ème défi : le Loewak Coffee. Nous arrivons sur une terrasse à l’ombre d’un grand arbre, ce qui est bien agréable par cette chaleur. Le café en question est une spécialité locale, notamment du fait qu’une partie du processus « passe » par une sorte de fouine : le loewak. La patronne du bistrot est assez loquace et nous explique comment ça se passe. Cette charmante petite bête sauvage et nocturne (le loewak, pas la patronne), trie et avale les grains de café qui sont juste à maturité. Son système digestif n’assimile pas les grains, MAIS leur confère les arômes qui vont faire d’eux un produit de luxe… une fois que l’animal aura restitué les grains dans ses crottes !

La famille de la gérante du troquet est propriétaire de caféiers au pied de la montagne pas loin, et le travail consiste donc à chercher les crottes de loewak pour terminer le processus de fabrication de manière plus conventionnelle. Nous dégustons notre expresso sans sourciller : c’est effectivement du tout bon ! Et du tout cher : 80’000 roupies la mini-tasse !!!

Et ensuite ? La patronne nous conseille de visiter l’atelier de son frère Yaya pas loin d’ici : c’est LE spécialiste des marionnettes pour le théâtre d’ombre. 

4ème défi : les Wayang Puppets de Yaya. En suivant les indications pour aller chez Yaya, nous nous disons que Agung a disparu !? MAIS quelques mètres plus loin, nous passons devant sa maison où il se repose à l’ombre sur la terrasse. Nous voyant, il saute dans ses tongs pour nous guider via un raccourci qui passe par des traboules locales. Les « Hellos » fusent à chaque porte ou fenêtre ouvertes sur les intérieurs javanais, quartier très populaire, qui a l’air très sympa.

Nous entrons dans l’atelier sous de nouveaux Hellos, et Yaya, un homme assez âgé, nous accueille. Vu notre accent, il nous parle directement en français avec son petit accent qui va bien. 🙂 Il nous explique en détail le processus de fabrication des marionnettes : découpe du cuir de buffle d’eau que nous voyons en live par un collègue, signification des différents motifs et couleurs employés. Quelle minutie ! Le tout pour les quelques 350 différentes marionnettes nécessaires pour conter les 2 principales histoires javanaises… Nous quittons l’atelier complètement charmés.

5ème défi : visiter le palais du sultan ? Maps.me nous guide pour arriver à l’entrée du palais, MAIS il est fermé depuis 13h (Betty avait raison !). Cet objectif initial ne sera donc pas rempli, ce qui ne nous gêne finalement pas trop compte tenu de ce que nous avons déjà visité. Nos estomacs commencent à tirailler, MAIS nous nous apercevons que le cash nous manque… Il faut donc trouver un ATM.

6ème défi : trouver du cash ! Le premier ATM trouvé est HS. Heureusement il y a une banque pas beaucoup plus loin. MAIS quand nous entrons dedans, il faut prendre un ticket pour être servis après les environ … 50 personnes qui peuplent la salle d’attente … soit y passer le reste de l’après-midi. Nous tentons notre chance un peu plus loin et trouvons un mini bureau de change, avec climatisation et eau en bonbonne à disposition : du liquide et du liquide, yes ! 😉

 7ème défi de la journée : manger safe. Nos pas nous guident vers l’ancien quartier chinois, où nous entrons dans un warung dont la salle ne semble pas trop mal. MAIS le tour aux toilettes nous permet de découvrir un bout d’arrière cuisine moins reluisant… Néanmoins on tente le coup. Un local ne tarde pas à nous aborder avec le fameux « Where do you come from ? ». La conversation s’engage alors dans un français approximatif. Le gars est un sosie de Fernandel comme il nous le dit lui-même, et a passé quelques temps à Saint-Malo. L’échange est largement teinté d’humour ironique et de gros rires : le contact passe bien. « Bretagne : il pleut toujours, HaHaHa », « Les Français pas contents, défilent dans la rue … HaHaHa », « Les grands magasins du quartier : mauvaise qualité, piège à touristes, du Coca-Cola Batik, HaHaHiHi », etc.

8ème défi : retour au homestay de Betty. Le temps passe vite, et nous visons un retour à notre logement. Maps.me nous permet de passer des grandes artères surchargées de trafic et de bruit à de petites rues aux maisons populaires et tranquilles. MAIS les jambes commencent à être lourdes, les pieds moins souples, et la moiteur toujours bien présente ! Les « Hello » et sourires des gamins nous encouragent, et finalement nous atteignons la rue proche de chez Betty.

Une bonne Bintang (bière locale) ou un bon jus de fruits nous rafraîchissent au ViaVia. Un passage à la chambre, quelques manip’ de geek, un minimum d’administration, et la nuit tombe. Retour à l’indispensable et multi-cartes ViaVia pour un souper indonésien « not too spicy »

9ème défi ??? Dormir. Nous avons donc bien profité de cette journée, MAIS la soirée est écourtée car demain sera un autre jour, qui commencera très, très tôt… No comment.

Temples de Borobudur & Prambanan, Île de Java, Indonésie.

Jour 205: samedi 25 mai 2019

3h du mat’… Que ce soit le chant du coq, l’appel à la prière ou la sonnerie du smartphone, impossible de ne pas se réveiller ! Pourquoi si tôt me diriez vous… Aujourd’hui, nous avons décidé de voir le lever de soleil sur le temple de Borobudur.

3h30, notre chauffeur est pile à l’heure. Nous traversons des quartiers de Yogyakarta très animés, beaucoup de monde, Ramadan oblige ! Après 1 heure de route, nous arrivons à destination… loin d’être les seuls !!

Business bien rodé, nous jouons aux touristes que nous sommes. Lampe de poche en main, nous suivons les instructions pour nous retrouver tous agglutinés en haut du temple, côté est évidemment !

Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, le temple de Borobudur est le plus grand monument bouddhique du monde : 123m de côté et 35m de hauteur. Une curieuse pyramide basse, composée de 9 étages différents. Personne n’a encore découvert la signification exacte de cet incroyable monument ! De nombreux experts comparent Borobudur à un monument sacré destiné à favoriser l’ascension spirituelle du croyant… L’autre symbolique de ce temple est numérologique, et amuse beaucoup les mathématiciens : en observant le site, on tombe en effet sur le nombre 9 à chaque fois. 🙂

Mais revenons à nos gentils touristes… Chacun s’installe, étale son matériel de photographie, fait les réglages optimum et attend, le regard tourné vers l’est, le 1er rayon de soleil qui apparaîtra derrière les 2 volcans qui s’offrent à notre vue.

Ça y est ! Petit à petit la nuit fait place au jour…

… et éclaire surtout la foule amassée entre les énormes « cloches » de pierre de ce magnifique édifice !

Bien sûr, la vue splendide de ces 2 volcans qui se révèlent tel un vieux film photo d’autrefois, ainsi que la lumière chatoyante sur le temple lui-même, valent amplement le détour !

Il est 7h quand nous redescendons de cette pyramide, l’estomac dans les talons. Par ici gentils touristes, vous êtes invités au super buffet du petit déjeuner ! Nous nous servons très copieusement, prêts à continuer notre route vers le 2ème temple.

Après le plus grand temple bouddhique, nous voici sur le site du plus grand centre religieux hindouiste en Indonésie : Prambanan. Dans un grand parc de 60 ha, nous déambulons parmi plusieurs « candi » (temple), tours en forme d’épis de mais dressées vers le ciel, dont la plus haute mesure 47 mètres ! A l’origine, beaucoup de temples hindouistes s’érigeaient dans cette plaine fertile avant l’arrivée de l’islam au XVe siècle.

Nous terminons notre visite en nous acheminant tranquillement vers le parking… où notre voiture arrive à nos pieds avec la clim’, juste ce qu’il faut. 🙂

Il est 14h lorsque nous arrivons à Bamboo Bamboo, notre homestay à Yogyakarta. On se repose, on se douche, on papote, on compare nos photos du lever de soleil, on organise la suite de notre périple, on réserve… Bref, la vie de backpackers ! 😉

Vers 19h, dernière sortie de la journée pour aller manger typiquement javanais : spicy or not spicy ? Il est primordial de bien le préciser à la commande… Sinon, comme dit en rigolant la gentille mamie qui nous a servi : « hihihi…flying ! » 😉

Me voici au bout de mon exercice de style… Je terminerai par dire que nous avons un immense plaisir à partager ces quelques jours avec nos 2 globe-trotters ! A les voir si radieux et très complices, nul doute que ce grand projet est en totale adéquation avec leurs choix de vies !

 

P.S. Avez-vous remarqué le changement de style ? Nous avons prêté notre plume (ou plutôt notre clavier) ! Les journées 204 et 205 ont été rédigées respectivement par le papa et la maman de Camille… Plutôt réussi comme exercice de style, non ? 😉

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