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Jours 37-39: Ceux qui voient le condor passer

Canyon de Colca, Pérou.

Pendant toute la lecture de cet article, je vous suggère d’écouter ce titre, hit numéro 1 de la playlist spotify des communautés incas.

Jour 37: samedi 8 décembre 2018

Les pommes de terre de la veille bien digérées mais les yeux encore à moitié collés, nous sortons du lit et commençons à nous habiller en vue du trek de ces trois prochains jours. Le minibus qui nous amènera au point de départ vient nous chercher à 3h30… Une petite pensée pour ceux en Suisse qui sont déjà au job à cette heure-là (6 heures de décalage avec le Pérou).

Le transport arrive avec une dizaine de minutes de retard seulement. Nous nous installons à l’arrière avec nos backpacks, préparés pour tenir 3 jours en autonomie (sauf nourriture bien entendu), affaires de camping incluses. Le minibus est constitué d’une douzaine de personnes qui vont également dans le Canyon de Colca mais dont le tour est organisé par une agence. Ce n’est pas notre cas, nous on veut le faire par nous-mêmes, ouais on est des rebelles !

Au bout de plus de 4 heures de route, nous faisons un premier stop petit-déj’ à Chivay, puis, toujours tous ensemble, au Mirador Cruz del Condor, point de vue d’où les condors peuvent être aperçus si c’est un bon jour. Et c’est un bon jour, car nous en apercevons deux au loin. Pas très impressionnants à cette distance, mais nous sommes quand même contents de les voir voler.

Nous remontons dans le minibus. A San Miguel, le groupe descend pour entamer leur descente dans le Canyon avec un guide, alors que le bus nous amène jusqu’au village suivant pour notre rando.

Le nom du village est Cabanaconde, petit village agricole situé à environ 260 km de Arequipa. Ce sera notre point de départ. Avant d’entamer notre marche, nous faisons le plein de vivres (biscuits, fruits, eau), car il n’y a aucun magasin sur le chemin avant d’atteindre notre but du jour : Llahuar Lodge.

Selon les différentes personnes consultées avant le départ, la marche jusqu’à Llahuar devrait prendre entre 3 et 4 heures ! C’est parti, cette fois nous sommes lancés à pleine vitesse, c’est-à-dire un pas après l’autre, sous une chaleur étouffante à cause de la réflexion du soleil sur le sol caillouteux.

Subitement, nous voyons deux condors voler à quelques mètres au-dessus de nos têtes ! C’est imposant sous cet angle. A peine le temps de les prendre en photos qu’ils sont déjà partis…

El condor pasa !

Nous continuons notre descente vers la vallée, on se sent tout petits face aux parois montagneuses qui nous entourent. Après quelques heures de marche, on décide de pique-niquer sur un super spot : trouvable sur l’application Maps.Me d’ailleurs, ne le manquez pas !

“On doit aller jusque là-bas ?” semble se demander Camille

Pique-nique terminé, on continue notre descente… et montée, car oui, une fois arrivés dans la vallée, il faut remonter un bout de l’autre côté pour atteindre le lodge.

1’200m de dénivelé négatif sur un sentier qui fait déraper, we did it !!! Nous sommes épuisés, plein de transpiration et bouffés par les moustiques, mais soulagés d’y être arrivés ! Camille comptera une quarantaine de piqûres sur ses jolies jambes, alors que moi j’en ai une vingtaine sur mes avant-bras hyper musclés…

La gérante nous accueille avec un grand sourire et nous propose des boissons : je commande mon premier Inca Kola du trek ! Pendant les trois jours de marche, j’en boirai 2 litres… Pour info, l’Inca Kola est un soda péruvien jaune fluo avec un goût de chewing-gum naturel.

Le lodge est idéal après une journée de randonnée. Nous logeons dans un petit bungalow, où il y a juste le lit et une petite table qui s’y trouvent. L’auberge est au bord de la rivière et propose des bains thermaux ! C’est le pied après une telle journée 🙂

 

A part se baigner un moment et prendre le souper sur la terrasse avec vue sur la rivière, il n’y a rien d’autre à faire. Nous en profitons pour nous coucher tôt, épuisés après cette loooongue journée…

Jour 38: dimanche 9 décembre 2018

Vu la chaleur de la veille durant notre trek, on se dit que nous partirons tôt aujourd’hui pour éviter de souffrir de la température. Petit-déj’ à 7h30, on se met en route à 8h30. OK, ce n’est finalement pas si tôt que ça, mais on avait besoin de repos 🙂

Voilà que la chaleur est déjà étouffante et que le soleil tape tout autant ! Nous sommes censés parcourir une dizaine de kilomètres aujourd’hui, c’est-à-dire environ 4 heures de marche… Après juste quelques pas, on se dit que ce sera long ! Mon dos commence à souffrir à cause du backpack…

Les paysages dans la vallée sont superbes. Assez vite, la chaleur et le parcours sinueux nous ralentissent, nous devons redoubler d’efforts pour garder un certain rythme de marche… On pensait longer la rivière pour atteindre le village de San Juan de Chuccho, un peu plus en amont. Que nenni, le chemin n’est pas du tout plat ! 900m de dénivelé positif (dont 600 en 2.5km, ce qui fait des pentes très pentues !), puis 700m de dénivelé négatif… Chacun à son tour, on essaie de se motiver comme on peut pour avancer !

Pendant une bonne partie de la journée, nous ne croiserons personne si ce n’est quelques gens locaux lorsque nous traversons les hameaux. En milieu d’après-midi, nous commençons à croiser des groupes de touristes, qui eux se rendent à une oasis pour y passer la nuit, étape du tour organisé par les agences.

Nous sommes complètement cassés, mon dos fracassé et nous en avons plus qu’assez ! Enfin, nous arrivons à San Juan de Chuccho, hameau où nous voulons passer la nuit. Tels des zombies en mode automatique, nous parvenons à traîner nos pieds jusqu’à la Posada Gloria, où une gentille dame nous interpelle, certainement par pitié de nous voir dans un tel état. Elle nous propose le jardin pour camper, on accepte tels des morts-de-faim !

Quel soulagement de pouvoir enfin poser le backpack… Mon dos présente une blessure à cause du sac ! Nos pieds sont détruits, et je ne vous explique même pas l’odeur qui s’en dégage (heureusement pour vous 🙂 )

Nous prenons une bonne douche et montons la tente dans l’après-midi. Plus tard, nous ferons la connaissance d’un groupe qui effectue aussi le tour du Canyon de Colca mais via une agence. Ils sont quatre, un couple italo-français, un Français et un Néerlandais. Nous passerons la soirée avec eux et leur guide, qui connaît pleins de choses sur l’histoire et la politique corrompue du Pérou.

Encore une fois, nous ne tardons pas à nous coucher, la marche du jour nous a achevé…

Jour 39: lundi 10 décembre 2018

Rebelote. Aujourd’hui selon notre programme, nous sommes censés remonter le Canyon pour retourner sur Cabanaconde, 4 heures de marche au minimum sous les conditions déjà énumérées ci-dessus. Après quelques nanosecondes d’hésitation, au vu de mon dos (surtout), nous décidons de partir sur l’autre versant et de faire une bonne partie du trajet en bus.

Une heure de marche “seulement” mais le dénivelé positif est quand même conséquent. Et même si la marche est courte et que nous sommes partis à 8h cette fois, les conditions restent difficilement supportables.

Le hameau d’où part le bus s’appelle Cosñirhua (prononcez ’cause-ni-roue-ahh’). Petit patelin qui comporte quelques maisons et où on trouve un magasin pour s’asseoir en attendant le bus qui partira à 11h. Nous avons quasi 2 heures d’attente… Heureusement, le bus arrive presque à l’heure.

Alors petit conseil si tu n’apprécies pas le SilverStar à EuropaPark (et même si tu l’apprécies en fait), ne fais pas ce trajet en bus, quitte à te taper plusieurs heures de marcher et à cramer sous le soleil, parce qu’autant te dire qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour faire cette route. Camille pourra vous le confirmer ! Nous n’avons aucune photo à montrer, tellement ça secouait… La route à flanc de falaise est impressionnante, à chaque virage on a l’impression que le bus va dévaler la pente. Je vous laisse imaginer lorsque nous croisons un autre camion… J’adore cette vue, Camille ne peut pas en dire autant, agrippée à mon bras hyper musclé, elle a les yeux fermés durant tout le trajet. Vraiment, on pourrait presque l’appeler la “Route de la Mort” tellement elle peut être effrayante ! Le bon côté, c’est que le conducteur a l’air de bien maîtriser la bête et qu’il ne roule qu’à 30km/h maximum, d’ailleurs quelques passagers (des locaux forcément) se sont assoupis malgré la route sinueuse,…

Notre bus de Cosñirhua à Cabanaconde

Nous voilà entiers à Cabanaconde, quelle aventure !!! Mais les transports publics sont loin d’être finis pour la journée. En effet, nous devons reprendre un bus pour Arequipa cette fois… Nous sommes rassurés, le bus est plus grand et la route jusqu’à la ville blanche est goudronnée ! Ouf, Camille pourra enfin se reposer et mon bras droit cicatriser 🙂

 

6 heures de trajet jusqu’à Arequipa, que c’est long ! Une seule envie, aller se doucher et dormir dans un lit, un vrai, quel qu’il soit 🙂 Ces prochains jours nous resterons ici pour visiter la ville et surtout récupérer avant de remettre nos sacs sur le dos !

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